L’ARRIVÉE EN ACADIE

Le 20 juin 1632 deux voiliers, le SAINT JEAN (de 250 tonneaux) et L’ESPÉRANCE-EN-DIEU, partent de la Rochelle, en Aunis. Ils se dirigent vers le port d’Auray, en Bretagne, où un troisième vaisseau se joint à eux. En plus des marins formant les équipages, Isaac de Razilly, lieutenant des soldats et leurs officiers, six Capucins, une douzaine de familles son cousin et lieutenant, Charles de Menou, sieur d’Aulnay, Nicolas Denys, marchand de la Rochelle et agent de la Compagnie de la Nouvelle-France. Parmi ces colons y figure Michel Boudrot, célibataire.

Le 23 juillet 1632 les navires lèvent l’ancre et mettent le cap sur l’Acadie. En route un quatrième navire, partie de la Rochelle, les rejoint. Après sept semaines de navigation, le 8 septembre 1632, tous parviennent à l’embouchure de la rivière La Hêve (aujourd’hui La Have), sur la côte sud de la péninsule acadienne, à 125 kilomètres à l’est du Fort Saint-Louys. Razilly décide d’y fonder un établissement plutôt qu’a Port-Royal. Il lui donna le nom de Fort SAINTE-MARIE-DE-GRACE.

Les travaux commencèrent immédiatement. On construisit un fort, une maison pour Razilly, un magasin, une chapelle, un monastère, des habitations pour les familles, une maison pour les célibataires et des abris pour les bestiaux.

En 1636 après le décès de Isaac de Razilly, son lieutenant Charles de Menou, sieur d’Aulnay, lui succéda comme gouverneur d’une partie de l’Acadie. Il décida de transporter la colonie à Port-Royal car les terres cultivables étaient rares et pauvres sur cette pointe.

L’installation se fait non pas sur l’emplacement de l’ancien fort de Port Royal mais à 10 kilomètres plus à l’est (site actuel d’Annapolis Royal).

Dès l’été 1636 débuta la construction du fort, des habitations et des embarcations.

Au printemps du 1637 le plus gros de la construction étant terminée, plusieurs hommes de métier retournèrent en France. Plusieurs célibataires profitèrent de l’occasion pour eux aussi retourner en France. Il semblerait que Michel Boudrot retourna en France à cette époque.

Michel Boudrot, né en 1601, probablement originaire de Cougnes au diocèse de la Rochelle, France épousa vers 1641 avant son départ pour l’Acadie Michelle Aucoin. (Les Aucoin sont originaires de Cougnes). Il arriva en Acadie en 1642.

Michel Boudrot était conseiller et lieutenant de l’Acadie. Dans un document daté du 15 octobre 1687 il donne un aperçu des travaux faits en Acadie jusqu’à cette date.

"Nous, Michel Boudrot, lieutenant général en Acadie, avec les anciens habitants du pays, je certifie que feu messir d’Aunay Charnisay, anciennement gouverneur pour le roi sur la coste d’Acadie, fit construire trois forts sur ladite coste ; le premier à Pentagouët, le second à la rivière Saint-Jean (en 1645 seulement), et le troisième à Port-Royal ; lesquels forts étaient bien fournis de tous les canons et de toutes les munitions nécessaires ! Et avec trois cents hommes ordinaires pour défendre les susdits forts.

Nous certifions aussi que ledit dernier sieur d’Aulnay Charnisay ordonna la construction de deux moulins ; l’un était un moulin à eau et l’autre un moulin à vent et ledit sieur ordonna à Port-Royal la construction de cinq pinasses, et plusieurs chaloupes, et deux petits vaisseaux d’environ soixante-dix tonnes chacun, avec deux fermes ou manoirs et les bâtiments nécessaires ; aussi bien maisons d’habitations que granges et étables(…)

Tout ce qui est ci-dessus nous le certifions être vrais, car nous l’avons vu ; en foi de quoi nous avons signé à Port-Royal, le 15 octobre 1687, en présence de M. de Menneval, gouverneur pour le roi de toute l’Acadie, et de M. Petit, grand vicaire de sa Grandeur l’évêque de Québec, et curé de ladite place de Port-Royal.

Aussi ont signé ; Messire Boudrot, lieutenant général ; François Gaunizzot (Gautherot) Bourgeois ; Pierre Martin ; Mathieu Martin ; Claude Tériot ; d’Entremont, procureur du Roi.

Avec les marques de : Antoine Bourg, Pierre Bouet (Doucet), Denis (Daniel) LeBlanc ; Abraham Dugast."

BOUDREAU

La famille Boudreau est l’une des plus anciennes familles d’Acadie. Elle serait arrivée avant 1650 sous le gouverneur d’Aulnay. Le pionnier, Michel Boudrot, était lieutenant général du Port-Royal en 1686

L’ancêtre de cette famille à Caraquet, Joseph Boudreau, naquit à Beaubassin et faisait partie du groupe d’acadiens réfugiés à Restigouche en 1761 où il épousa Jeanne-Marie Haché de l’Île Saint-Jean. Il alla ensuite demeurer à Miscou avec sa belle-famille avant de venir s’établir à Caraquet vers 1784. Il reçut en 1784, 400 âcres de terre, qu’il occupa là où est présentement située l’église de Caraquet. En 1791, il en vendit 236 à Raphaël Blanchard, puis déménagea à Petit-Rocher où était déjà établi son fils aîné, Cyprien, Il est décédé en 1797. Seul Sylvain, marié avec une des filles d’Olivier Blanchard demeura à Caraquet, occupant les autres 164 âcres de la concession originale. Il échangea cette terre avec celle appartenant au père Girouard, appelée terre de l’église, située plus à l’ouest et encore occupée en partie par ses descendants. Il est l’ancêtre des Boudreau de Maisonnette, Paquetville et Petit-Rocher. Son fils, Pierre fut le fondateur du Village des Boudreau établit le long de la Rivière-du-Sud.

 

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Yolande Lacharite

La famille  Boudreau